Cycle 1, organisation

Je vous parle de Narramus

Aujourd’hui, à deux petits jours de la rentrée scolaire, j’ai eu envie de prendre le temps de vous parler d’une méthode de compréhension de texte découverte il y a déjà presque 2 ans : la méthode Narramus.

Avant de découvrir cette méthode, j’étais assez mal à l’aise avec l’enseignement de la compréhension de texte. Je cherchais pendant des heures l’album qui pouvait m’inspirer (le choix est tellement vaste!), ensuite je pataugeais dans la construction de mes séances, puis je m’essoufflais au fur et à mesure des semaines, l’album choisi perdant de l’intérêt à mes yeux (et donc automatiquement aux yeux de mes élèves!).

Mais ça… C’était avant !

La méthode Narramus est une méthode « clé en main ». Elle est découpée en plusieurs modules ritualisés. Elle invite les enseignants à se les approprier en les divisant et les organisant selon leur emploi du temps, leurs habitudes de classe et leurs élèves. Les modules très détaillés donnent une vraie ligne de conduite à l’enseignant qui se sent guidé et accompagné dans cet enseignement. J’apprécie notamment les commentaires associés aux indications qui peuvent aussi bien être des « conseils pratiques » que des précisions concernant une approche pédagogique.

Les guides pédagogiques

Narramus s’appuie sur des albums avec lesquels les élèves accrochent vite, et pertinents aussi bien du point de vue du vocabulaire que de la syntaxe.

Pour ma part, j’ai investi dans « Le machin » (PS-MS), « La sieste de Moussa » (MS-GS) et « Un peu perdu » (PS-MS). Je n’ai pas eu le temps de mettre en place « la sieste de Moussa », puisqu’un congé maternité a pointé le bout de son nez ! Par contre, j’ai pris le temps d’étudier « Le machin » en long, en large et en travers puisque je me suis réappropriée la méthode en l’adaptant à un album qui collait davantage à mon thème de période de l’époque (le potager, les aliments) et qui était relativement simple pour démarrer, surtout en 1ère période : « Bon appétit ! Monsieur Lapin » de Claude Boujon. L’expérience a été un tel succès que j’ai fait le choix de la renouveler avec le célèbre album « La Moufle », dès la 3e période. Les scénarios « en randonnée » et répétitifs ont permis aux enfants de bien s’emparer de la méthode et des histoires.

Ensuite, j’ai suivi la méthode (pour de bon cette fois) avec « Un peu perdu ». Un vrai plaisir à mettre en place.

Déroulé-type d’une séance

Une séance débute par un rappel de l’objectif de ce projet : raconter seul(e) l’album à sa famille ! (et ça, c’est motivant quand on a 3 ou 4 ans!) et de l’importance de la maîtrise de certains mots de vocabulaire. Elle se poursuit donc sur une révision et un apprentissage du nouveau vocabulaire.

Ensuite, l’enseignant rappelle le début de l’histoire en s’appuyant sur les images sans texte du récit (ressources numériques), avant de fixer les objectifs de la séance.

Les enfants découvrent la suite de l’histoire, d’abord sans les illustrations afin d’essayer de les imaginer. Les enfants sont souvent incités à imaginer les dialogues entre les personnages, à imaginer la suite, la conséquence d’une action. En parallèle, un travail important est souvent mené sur les émotions des personnages, ce qu’ils peuvent ressentir selon la situation rencontrée.

De son côté, l’enseignant est amené à ne pas simplement lire le texte, mais à raconter, reformuler, paraphraser, expliciter l’implicite, etc.

Enfin, les élèves tentent de raconter l’histoire avec leurs propres mots et à l’aide du matériel (maquette, personnages, marottes, etc). Leurs camarades corrigent et complètent le récit une fois celui-ci terminé.

Des activités de prolongement sont également proposées à la fin de chaque module, notamment pour réviser le lexique, jouer avec le vocabulaire, écouter l’histoire au coin bibliothèque, raconter à l’aide de la maquette, etc.

Les pictogrammes

La méthode propose des pictogrammes, à montrer par l’enseignant, permettant aux enfants de se repérer dans la séance et de comprendre ce que l’on attend d’eux (écouter l’histoire, écouter un camarade raconter, mémoriser un mot, répondre à un questionnement,…). Au fur et à mesure des séquences, ces pictogrammes vont devenir familiers, les enfants y seront de plus en plus attachés. 

(document trouvé sur maternelle-bambou.fr)

Le numérique

Le petit plus de cette méthode est qu’elle inclut l’usage du numérique (via CDrom ou téléchargement) de manière extrêmement simple et peu coûteuse en temps. Pour ma part, je n’ai pas (encore) de vidéoprojecteur dans ma classe maternelle, mais avec mon ordinateur portable, je parvenais malgré tout à me saisir des outils numériques : ceux-ci permettent principalement de revoir le vocabulaire, de raconter des extraits de l’histoire ou d’écouter l’histoire sur un support animé.

Maquettes et peluches

Pour chaque projet, j’ai réalisé une maquette ou de petits personnages en suédine afin que les enfants puisse raconter l’histoire avec du matériel, comme conseillé dans la méthode. Je pense que la manipulation via ces outils est ce qui plaît le plus aux élèves (et à la maîtresse!)

« La moufle »

« Bon appétit! Monsieur Lapin »
« Un peu perdu »

Sac à album

Ces projets m’ont permis de mettre en place le système de « sac à album » découvert sur Instagram.

L’objectif est simple : faire entrer le travail de classe dans les familles.

Le sac était composé de l’album, du « matériel à raconter », d’une fiche explicative, et de petits ateliers en lien avec l’album. Les enfants pouvaient alors raconter l’histoire à leurs parents, leurs frères et sœurs, etc. Cela permettait de valoriser le travail de classe, d’encourager la narration et la lecture, et aussi de partager un moment convivial en famille.

Tâche finale

Dans le même esprit que le sac à album, à la fin de chaque projet, nous réalisions une « tâche finale » durable qui prenait la forme d’un petit film. Je filmais chaque enfant dire une phrase, un dialogue, un court extrait de l’album avec le matériel de narration. Mis bout à bout, ce sont tous les enfants de la classe qui racontait l’histoire de l’album sur un court film (en réalité, il s’agissait de 2 ou 3 petits films, avec 7 ou 8 enfants par film). Ces films étaient ensuite transmis aux familles.

Difficultés rencontrées dans la mise en place

De mon côté, j’ai rencontré des difficultés à organiser mon temps de façon à travailler en profondeur le texte en petit groupe. Le projet me prenait un temps considérable sur la journée puisque j’avais à cœur de le travailler en groupe de maximum 5 enfants. Malgré mon effectif confortable d’une vingtaine d’enfants, cela me prenait 4 créneaux d’apprentissage par jour (environ 20 minutes par créneau). Par contre, l’avantage de cette organisation est qu’elle permettait à tous les enfants de manipuler très régulièrement les maquettes et personnages et d’être pleinement investi dans la séance, du fait du petit effectif.

La prochaine fois que je mettrai en place ce projet en classe, je pense profiter d’un temps de regroupement pour travailler le vocabulaire et la « révision » de l’histoire en grand groupe. Je pense que ce fonctionnement permettra aux enfants d’être confrontés plus régulièrement au vocabulaire et donc de le mémoriser plus vite et plus efficacement. Ça me dégagerait donc du temps sur les créneaux par petit groupe, puisque je ne passerais plus par les phases de rappel.

Enfin, j’aimerais donner un rôle à mon ATSEM dans cet apprentissage : pourquoi ne pas lui laisser un groupe pour mettre en scène des extraits déjà travaillés avec moi, d’une manière différente (Marottes, masques, saynète, …)

Si parmi vous, certaines personnes fonctionnent différemment, je serai vraiment intéressée d’en savoir plus ! N’hésitez pas à nous partager vos expériences en commentaire !

Conclusion

Après avoir mis en place ces trois projets, je peux affirmer que je suis convaincue de l’intérêt de l’application de cette méthode. Les enfants terminent le projet en maîtrisant l’album sur le bout des doigts, et ajoutent de nouveaux mots de vocabulaire à leur répertoire ! J’ai adoré confectionner les petits personnages et maquettes qui donnent l’aspect ludique et vivant aux séances. En laissant le matériel à disposition des enfants (en libre accès), on se surprend vite à entendre de petits morceaux de textes et de dialogues sortir de la bouche des élèves !

J’ai bien l’intention de m’emparer d’un nouvel exemplaire Narramus, affaire à suivre ! 😉

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